Mis à jour le 5 février 2026 • Temps de lecture : 9 minutes
En ce début 2026, l’incertitude législative qui planait sur l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) est levée. Si le Sénat avait voté fin 2025 un amendement spectaculaire proposant de relever le seuil d’assujettissement à 2,57 millions d’euros, celui-ci n’a pas survécu à l’adoption du budget via le 49.3. Le seuil de déclenchement reste donc fixé à 1,3 million d’euros. Pour les 175 000 foyers concernés, et notamment la communauté des non-résidents (12%), la vigilance reste de mise sur la valorisation des actifs.
Ce guide, construit à partir des retours d’expérience de la communauté Immoneos, vous accompagne dans la compréhension des règles actuelles, des évolutions possibles, et des stratégies d’optimisation adaptées à votre situation d’expatrié.
IFI 2025 vs réforme 2026 : ce qui change
Le seuil : 1,3M€ ou 2,57M€ ?
Le seuil actuel d’assujettissement à l’IFI est fixé à 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier net. Cependant, dans le cadre du Projet de Loi de Finances 2026, le Sénat a voté un amendement visant à relever ce seuil à 2,57 millions d’euros.
Le seuil de l’IFI pourrait passer de 1,3 million à 2,57 millions d’euros en 2026, mais rien n’est définitif sans validation de l’Assemblée Nationale en Commission Mixte Paritaire.
D’après les informations partagées par les membres de la communauté Immoneos qui suivent de près l’actualité législative, cette proposition s’inscrit dans un projet plus large de Contribution des Hauts Patrimoines (CEHR) qui remplacerait l’IFI. Le calendrier reste incertain, avec une Commission Mixte Paritaire (CMP) qui doit encore trancher entre les positions du Sénat et de l’Assemblée Nationale.
Élargissement de l’assiette : de l’immobilier aux actifs « improductifs »
L’IFI actuel ne taxe que les actifs immobiliers. La proposition de CEHR élargirait potentiellement l’assiette aux liquidités, contrats d’assurance-vie et autres actifs considérés comme « improductifs ».
| Critère | IFI 2025 | CEHR 2026 (Projet) |
|---|---|---|
| Seuil d’assujettissement | 1,3 M€ | 2,57 M€ |
| Assiette taxable | Immobilier uniquement | Immobilier + Liquidités |
| Statut législatif | En vigueur | Projet Sénat |
Barème et taux IFI 2025-2026
Le barème de l’IFI reste progressif avec des taux allant de 0,50% à 1,50%. Voici le détail des tranches applicables en 2025 :
| Patrimoine net taxable | Taux applicable |
|---|---|
| 0 à 800 000 € | 0% |
| 800 000 € à 1 300 000 € | 0,50% |
| 1 300 000 € à 2 570 000 € | 0,70% |
| 2 570 000 € à 5 000 000 € | 1,00% |
| 5 000 000 € à 10 000 000 € | 1,25% |
| Au-delà de 10 000 000 € | 1,50% |
Une décote s’applique pour les patrimoines compris entre 1,3 et 1,4 million d’euros. Cette décote permet de lisser l’entrée dans l’impôt et d’éviter un effet de seuil trop brutal.
IFI pour non-résidents : biens français uniquement
Principe de territorialité fiscale
Les non-résidents sont imposés à l’IFI uniquement sur leurs biens immobiliers situés en France. Le patrimoine étranger n’entre pas dans l’assiette taxable.
C’est une distinction fondamentale que de nombreux membres de la communauté Immoneos ont confirmé avec leurs experts-comptables. Contrairement aux résidents fiscaux français qui sont imposés sur leur patrimoine mondial, les non-résidents ne déclarent que les biens situés en France.
La définition du non-résident fiscal s’appuie sur l’article 4B du Code Général des Impôts. Est considérée comme non-résidente toute personne qui remplit ces trois conditions cumulatives : ne pas avoir son foyer ou son lieu de séjour principal en France, ne pas exercer en France son activité professionnelle principale, et ne pas avoir en France le centre de ses intérêts économiques.
Biens concernés pour les expatriés
Les biens entrant dans l’assiette IFI des non-résidents comprennent :
- Les immeubles bâtis et non bâtis situés en France (résidences, terrains, locaux commerciaux)
- Les droits réels immobiliers (usufruit, nue-propriété, servitudes)
- Les parts de sociétés civiles immobilières (SCI) détenant des biens en France
- Les parts de SCPI investissant dans l’immobilier français
- Les parts de fonds immobiliers (OPCI) pour leur fraction immobilière
En revanche, certains biens sont exonérés. D’après les retours de la communauté, il s’agit notamment des biens professionnels sous conditions, des bois et forêts sous engagement de gestion durable, et des biens ruraux loués par bail à long terme.
Obligations déclaratives
Les non-résidents doivent déclarer leur IFI via le formulaire 2042-IFI, annexé à leur déclaration de revenus. La date limite de déclaration pour 2026 est fixée au mi juin pour les non-résidents. Les membres de la communauté soulignent l’importance de respecter ce délai pour éviter les majorations de 10% en cas de retard.
Le dépôt peut se faire en ligne via le site impots.gouv.fr (Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents à Noisy-le-Grand) ou par voie postale pour ceux qui ne peuvent pas utiliser le service en ligne.
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Calcul de l’IFI : méthodologie pour expatriés
Le calcul de l’IFI suit une méthodologie précise en plusieurs étapes. Voici la démarche partagée par les membres de la communauté Immoneos :
Étape 1 : recenser les biens Immobiliers
La première étape consiste à établir une liste exhaustive de tous vos biens immobiliers situés en France. Cela inclut :
- Résidences principales et secondaires
- Investissements locatifs (nus ou meublés)
- Parts de SCI et SCPI
- Terrains constructibles ou agricoles
- Locaux professionnels non exonérés
- Droits réels immobiliers (usufruit, nue-propriété)
Étape 2 : évaluer la valeur vénale
Chaque bien doit être évalué à sa valeur vénale au 1er janvier de l’année d’imposition. Pour estimer cette valeur, les membres de la communauté utilisent généralement plusieurs sources : la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) accessible sur data.gouv.fr, les références des notaires, et les estimations d’agences immobilières locales.
Un abattement de 30% s’applique sur la résidence principale. Attention : cet abattement ne concerne que les résidents fiscaux français. En tant que non-résident, si vous conservez un bien en France qui était votre résidence principale, celui-ci ne bénéficie plus de cet abattement.
Étape 3 : déduire les dettes éligibles
Seules certaines dettes sont déductibles de l’assiette IFI. Les dettes déductibles comprennent : les emprunts immobiliers contractés pour l’acquisition, la construction, la réparation ou l’amélioration des biens, ainsi que les impôts fonciers et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.
Les comptes courants d’associés ne sont plus déductibles de l’IFI depuis 2018, sauf preuve d’un objectif principal non fiscal.
Attention aux prêts in fine : depuis 2018, ils ne sont plus déductibles pour leur montant nominal. Un amortissement théorique linéaire doit être appliqué pour déterminer le montant déductible.
Les prêts in fine ne sont plus déductibles pour leur montant nominal, mais après amortissement théorique linéaire depuis 2018.
De plus, un plafonnement global des dettes s’applique pour les patrimoines supérieurs à 5 millions d’euros. La fraction des dettes excédant 60% de la valeur des biens n’est déductible qu’à hauteur de 50%.
Étape 4 : calculer le patrimoine net taxable
Le montant qui sert de base au calcul de l’impôt s’obtient par la soustraction : Valeur brute des biens – Dettes déductibles.
Une fois ce montant obtenu, un mécanisme spécifique s’applique pour l’entrée dans l’impôt :
- En dessous de 1,3 M€ : Vous n’êtes pas imposable.
- Entre 1,3 et 1,4 M€ : Vous bénéficiez d’une décote pour adoucir l’impôt. Le montant à payer est réduit du montant suivant : 17 500 € – (1,25% × Patrimoine net taxable).
- Au-delà de 1,4 M€ : La décote disparaît et le barème s’applique sans réduction.
Étape 5 : appliquer le barème progressif
L’impôt se calcule par tranches selon le barème vu précédemment. Le calcul s’effectue tranche par tranche, avec application du taux correspondant à chaque fraction du patrimoine.
Étape 6 : vérifier le plafonnement à 75%
Le total de l’IFI et de l’impôt sur le revenu ne peut pas excéder 75% des revenus de l’année précédente. Ce mécanisme de plafonnement peut s’appliquer aux non-résidents qui ont des revenus de source française. Cependant, les membres de la communauté ont constaté que ce plafonnement est rarement applicable aux expatriés ayant des revenus essentiellement étrangers.
Optimisation fiscale légale : leviers pour expatriés
Les membres de la communauté Immoneos partagent régulièrement leurs stratégies d’optimisation fiscale. Voici les principaux leviers identifiés, tous parfaitement légaux.
Levier 1 : La SCI, avantages et limites
La SCI reste un outil de détention patrimoniale apprécié, mais ses avantages en matière d’IFI ont été significativement réduits depuis 2018. Les comptes courants d’associés ne sont en effet plus déductibles de l’assiette IFI, sauf cas exceptionnels où le contribuable peut prouver que l’objectif principal n’était pas fiscal.
Les retours d’expérience de la communauté montrent que la SCI conserve son intérêt pour la transmission patrimoniale et la gestion familiale, mais n’offre plus de levier d’optimisation IFI significatif.
Levier 2 : Le démembrement de propriété
Le démembrement temporaire de propriété reste une stratégie efficace. En donnant temporairement l’usufruit d’un bien à un enfant majeur par exemple, le nu-propriétaire sort le bien de son assiette IFI pour la durée du démembrement.
Le barème fiscal de valorisation de l’usufruit temporaire est de 23% de la pleine propriété par période de 10 ans. Cette stratégie est particulièrement adaptée pour des biens locatifs générant des revenus que l’on souhaite transmettre progressivement.
Ce mécanisme de démembrement est aussi une stratégie d’investissement redoutable : en achetant des parts de SCPI en nue-propriété, vous vous constituez un patrimoine immobilier sans alourdir votre IFI
Levier 3 : Les dons aux fondations
La donation avec réserve d’usufruit à une fondation reconnue d’utilité publique permet de cumuler plusieurs avantages. D’abord, le bien sort de l’assiette IFI puisque seul l’usufruitier est redevable de l’IFI et les fondations en sont exonérées. Ensuite, cette donation ouvre droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 66% dans la limite de 20% du revenu imposable. Cette stratégie, bien que peu courante, peut s’avérer particulièrement pertinente pour des biens patrimoniaux que l’on souhaite préserver tout en optimisant sa charge fiscale. Elle nécessite un accompagnement juridique et fiscal spécialisé compte tenu de sa complexité.
Levier 4 : diversification géographique
Certains membres de la communauté ont choisi de diversifier leurs investissements immobiliers vers des pays sans imposition sur la fortune, comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou l’Allemagne. Cette stratégie réduit mécaniquement l’assiette IFI pour les non-résidents tout en préservant le patrimoine global.
Les conventions fiscales entre la France et ces pays permettent généralement d’éviter la double imposition sur les revenus locatifs tout en bénéficiant de l’absence d’IFI sur ces biens.
IFI 2026 : Fin du suspense et retour au réel
L’incertitude législative qui a animé les débats de la communauté Immoneos en fin d’année 2025 est désormais levée. L’adoption du Budget 2026 via l’article 49.3 de la Constitution a mis fin aux spéculations.
Le verdict : victoire du scénario « Statu Quo »
Le gouvernement, en engageant sa responsabilité (49.3), a retenu le texte initial et écarté les amendements du Sénat jugés trop coûteux pour les finances publiques.
- L’amendement du Sénat est rejeté : Le seuil d’assujettissement ne passera pas à 2,57 millions d’euros. Le projet de transformer l’IFI en « Contribution des Hauts Patrimoines » (incluant les liquidités) est abandonné.
- Maintien des règles actuelles : Le seuil de déclenchement de l’IFI reste fixé à 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier net.
- Conséquence pour les expatriés : Les foyers dont le patrimoine net se situe entre 1,3 M€ et 2,57 M€, qui espéraient une sortie de l’impôt, restent redevables de l’IFI pour 2026.
L’impact pour la communauté Immoneos
Puisque la réforme structurelle n’a pas eu lieu, la stratégie change :
- Optimisation classique : Les stratégies habituelles (démembrement, dette déductible, LMNP) restent les seuls leviers pertinents.
- Pas de restructuration d’urgence : Les membres qui envisageaient de bouger leurs liquidités par crainte d’une nouvelle assiette taxable n’ont plus de raison de le faire pour des motifs fiscaux liés à l’IFI.
Calendrier et prochaines étapes
La loi étant considérée comme adoptée (sauf motion de censure, traditionnellement rejetée), le calendrier se tourne désormais vers la déclaration :
- Février 2026 : Publication officielle de la Loi de Finances au Journal Officiel.
- Avril – Juin 2026 : Période de déclaration des revenus et de l’IFI (dates spécifiques aux non-résidents à confirmer par l’administration).
Cas Pratiques : 3 simulations détaillées
Cas 1 : Expatrié en Suisse avec SCI familiale
Pierre, 52 ans, réside en Suisse. Il détient 50% d’une SCI familiale propriétaire d’appartements à Lyon pour une valeur brute de 2,3 millions d’euros.
- Le Passif : La SCI a un emprunt bancaire restant de 800 000 € et des comptes courants d’associés (CCA) de 200 000 €.
- Le Piège à éviter : Depuis 2018, les Comptes Courants d’Associés ne sont pas considérés comme des dettes déductibles pour le calcul de l’IFI.
- Calcul IFI 2026 :
- Actif net de la SCI = 2 300 000 € (Immeubles) – 800 000 € (Emprunt bancaire) = 1 500 000 €.
- Quote-part de Pierre (50%) = 750 000 €.
- Calcul IFI 2026 :
- Verdict 2026 : Avec un patrimoine net taxable de 750 000 €, Pierre est en dessous du seuil de 1,3 million. Il n’est pas redevable de l’IFI. L’abandon de la réforme (qui aurait pu modifier les règles de détention via société) confirme sa non-imposition.
Cas 2 : retour de France après 10 Ans au Canada
Sophie revient s’installer en France après une décennie à Toronto. Son patrimoine immobilier total est de 3,8 millions d’euros : 1,5 million situés en France et 2,3 millions restés au Canada.
- Sans le régime de faveur : L’IFI s’appliquerait sur son patrimoine mondial (3,8 M€). L’impôt annuel serait d’environ 23 700 €.
- Avec le régime des impatriés (Article 964 du CGI) : En tant que nouvelle résidente fiscale n’ayant pas été résidente en France au cours des 5 dernières années, Sophie bénéficie d’une exonération temporaire (5 ans) sur ses biens situés hors de France.
- Calcul IFI 2026 (Impatrié) : Seuls les biens français (1,5 M€) sont déclarés.
- Tranche 800k-1,3M (0,5%) : 2 500 €
- Tranche 1,3M-1,5M (0,7%) : 1 400 €
- Total IFI : 3 900 €.
- Calcul IFI 2026 (Impatrié) : Seuls les biens français (1,5 M€) sont déclarés.
- Gain : Une économie annuelle de près de 20 000 €, soit environ 100 000 € sur les 5 ans du dispositif.
Cas 3 : Non-Résident à Dubaï avec liquidités
Pierre réside à Dubaï. Il possède 1,8 million d’euros d’immobilier locatif en France et dispose par ailleurs de 3 millions d’euros de liquidités (placements financiers).
- La crainte initiale (fin 2025) : Pierre redoutait l’amendement du Sénat qui visait à inclure les liquidités dans l’assiette taxable, ce qui aurait propulsé son patrimoine taxable à 4,8 M€ (soit un impôt potentiel de 36 000 € !).
- La réalité IFI 2026 (Post-49.3) : Avec l’adoption du budget sans l’amendement « Hauts Patrimoines », les liquidités restent totalement exonérées d’IFI.
- Calcul IFI 2026 : L’assiette reste limitée aux 1,8 million d’euros immobiliers.
- Tranche 800k-1,3M (0,5%) : 2 500 €
- Tranche 1,3M-1,8M (0,7%) : 3 500 €
- Calcul IFI 2026 : L’assiette reste limitée aux 1,8 million d’euros immobiliers.
- Verdict : Pierre paiera 6 000 € d’IFI. La stratégie consiste ici à ne rien faire : ses liquidités restent à l’abri de l’impôt sur la fortune française.
Déclaration IFI : mode d’emploi pour non-résidents
Formulaires et obligations
La déclaration IFI s’effectue via le formulaire 2042-IFI, qui constitue une annexe à la déclaration de revenus n°2042. Les non-résidents rattachés au Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) de Noisy-le-Grand doivent utiliser ce formulaire même s’ils n’ont pas de revenus de source française.
Les non-résidents sont tenus de déclarer même s’ils estiment ne pas être redevables de l’IFI. Cette obligation déclarative permet à l’administration de vérifier la situation du contribuable.
Étapes de la déclaration
La déclaration peut se faire en ligne via impots.gouv.fr (espace particulier, service des non-résidents) ou par voie postale en cas d’impossibilité d’utiliser le service en ligne.
Les membres de la communauté privilégient généralement la déclaration en ligne qui offre plusieurs avantages : accusé de réception immédiat, délais de dépôt légèrement plus longs, et possibilité de rectification en cas d’erreur.
Pièces justificatives à conserver
Bien que les justificatifs ne soient pas à joindre à la déclaration, les membres de la communauté ont identifié les documents à conserver pendant au moins 3 ans (délai de prescription) :
- Actes de propriété et titres de possession
- Estimations de valeur vénale (expertise, références de vente)
- Tableaux d’amortissement des emprunts
- Avis de taxe foncière et d’habitation
- Attestations de résidence fiscale à l’étranger
- Statuts de SCI et relevés de comptes courants
Calendrier fiscal de l’IFI : Les échéances clés
La déclaration de l’IFI se calque sur celle de l’impôt sur le revenu. Voici le cycle annuel à anticiper :
- Au 1er Janvier : La « Photo » du Patrimoine C’est la date de référence unique. La valeur de vos biens et le montant de vos dettes doivent être arrêtés à cette date précise, et non au jour où vous remplissez le formulaire.
- Mi-Avril : Ouverture du Service Lancement de la campagne déclarative sur l’espace particulier du site des impôts (impots.gouv.fr).
- Fin Mai / Début Juin : Date Limite (Non-Résidents) Le calendrier varie légèrement chaque année, mais la date butoir pour les non-résidents se situe généralement à la fin du printemps (souvent alignée sur la dernière zone géographique française).
- Fin Août / Septembre : Avis d’Imposition Réception des avis d’imposition et ouverture de la période de paiement.
Attention aux pénalités : Le respect des délais est crucial. Tout retard expose le contribuable à une majoration de 10% de l’impôt dû, à laquelle s’ajoutent des intérêts de retard de 0,20% par mois.
Stratégies avancées pour patrimoine supérieur à 5M€
Plafonnement à 75% : mode d’emploi
Le mécanisme de plafonnement prévoit que le total de l’IFI et de l’impôt sur le revenu ne peut excéder 75% des revenus. La formule de calcul est la suivante : Excédent = (IFI + IR) – (75% × Revenus). Si l’excédent est positif, l’IFI est réduit de ce montant.
Pour les non-résidents, seuls les revenus de source française sont pris en compte, ce qui limite souvent l’application de ce plafonnement. Les membres de la communauté ayant testé ce calcul confirment qu’il est rarement avantageux pour les expatriés ayant des revenus principalement étrangers.
Holding patrimoniale : Intérêt limité post-2018
Depuis la réforme de 2018 qui a remplacé l’ISF par l’IFI, l’intérêt des holdings patrimoniales pour l’optimisation de l’IFI est devenu très limité pour l’immobilier locatif. Les comptes courants d’associés ne sont plus déductibles et les titres de sociétés sont évalués à leur valeur vénale réelle.
Les retours de la communauté suggèrent que les holdings conservent leur intérêt pour la transmission et la gestion, mais ne constituent plus un levier d’optimisation IFI significatif.
Donations avec réserve d’usufruit
La donation de la nue-propriété avec réserve d’usufruit reste une stratégie de transmission efficace. Le barème fiscal de valorisation de l’usufruit viager dépend de l’âge de l’usufruitier : 90% avant 21 ans, 80% de 21 à 30 ans, 70% de 31 à 40 ans, 60% de 41 à 50 ans, 50% de 51 à 60 ans, 40% de 61 à 70 ans, 30% de 71 à 80 ans, 20% de 81 à 90 ans, et 10% au-delà de 91 ans.
L’usufruitier reste seul redevable de l’IFI sur la valeur en pleine propriété du bien. La donation de la nue-propriété ne fait donc pas sortir le bien de l’assiette IFI du donateur tant qu’il conserve l’usufruit. En revanche, elle prépare la transmission patrimoniale et peut générer des économies de droits de succession.
FAQ : IFI expatriés 2026 : réforme et stratégies d’optimisation
Le seuil de l’IFI va-t-il vraiment passer à 2,57 millions d’euros en 2026 ?
Le Sénat a voté un amendement en ce sens le 28 novembre 2025, mais ce texte doit encore être validé par l’Assemblée Nationale en Commission Mixte Paritaire. À ce jour, rien n’est définitif et le seuil officiel reste de 1,3 million d’euros jusqu’à adoption d’une nouvelle loi.
En tant qu’expatrié, suis-je imposé sur mon patrimoine mondial ?
Non. Les non-résidents sont imposés à l’IFI uniquement sur leurs biens immobiliers situés en France. Le patrimoine immobilier détenu à l’étranger n’entre pas dans l’assiette taxable.
Attention à la fiscalité de votre pays de résidence : Si la France limite son regard, ce n’est pas le cas de tous les pays d’accueil.
- Résidents Suisses : La Suisse applique un Impôt sur la Fortune qui prend en compte le patrimoine mondial. Même si l’immobilier français est souvent exempté de l’impôt suisse (selon les cantons), il est comptabilisé pour déterminer votre taux d’imposition (règle du taux effectif).
- Résidents US (et US Persons) : Bien qu’il n’existe pas d’impôt sur la fortune fédéral annuel, les États-Unis appliquent une taxation basée sur la citoyenneté/résidence portant sur les revenus mondiaux, et l’Estate Tax (droits de succession) englobe le patrimoine mondial.
Les comptes courants d’associés sont-ils déductibles de l’IFI ?
Non, depuis 2018, les comptes courants d’associés ne sont plus déductibles de l’assiette IFI, sauf cas exceptionnels où le contribuable peut démontrer que l’objectif principal n’était pas fiscal.
La réforme 2026 va-t-elle taxer mon assurance-vie ?
Non, cette menace est définitivement écartée. L’amendement du Sénat (CEHR), qui visait à inclure les actifs financiers dans l’assiette de l’impôt, n’a pas survécu à l’adoption du budget par 49.3. En conséquence :
- La partie financière de votre assurance-vie (Fonds Euros, actions, obligations) reste totalement exonérée.
- Rappel important : Seule la fraction de votre contrat investie en supports immobiliers (parts de SCPI, OPCI, SCI) doit être déclarée à l’IFI, selon les règles en vigueur depuis 2018.
Comment calculer la dette déductible pour un prêt in fine ?
Depuis 2018, les prêts in fine doivent faire l’objet d’un amortissement théorique linéaire sur la durée du prêt pour déterminer le montant déductible. Le montant déductible diminue donc chaque année.
Quelle est la date limite de déclaration IFI pour les non-résidents ?
La date limite pour les non-résidents est généralement fixée au 20 mai de chaque année.
Le plafonnement à 75% s’applique-t-il aux expatriés ?
Techniquement oui, mais il est calculé sur les seuls revenus de source française. Pour un expatrié ayant principalement des revenus étrangers, ce plafonnement est rarement applicable ou avantageux.
La donation de l’usufruit fait-elle sortir le bien de mon IFI ?
Attention : c’est l’usufruitier qui est redevable de l’IFI sur la valeur en pleine propriété. Si vous donnez la nue-propriété et conservez l’usufruit, vous restez redevable. En revanche, si vous donnez l’usufruit, le bien sort de votre assiette.
Où suivre l’évolution de la réforme IFI en temps réel ?
Les membres de la communauté Immoneos suivent les évolutions via les groupes WhatsApp et Facebook qui partage les actualités importantes.
Avertissement : Tous les points de vue ou opinions exprimés dans ce guide ne sont pas des conseils et ne peuvent en aucun cas être pris comme tels. Pour tout conseil et avant toute décision en gestion de patrimoine ou en investissement, vous devez vous adresser à un professionnel agréé.
Ce guide a été élaboré à partir des retours d’expérience partagés par les membres de la communauté Immoneos. Les informations sont fournies à titre informatif et ne sauraient remplacer un accompagnement personnalisé par un professionnel du droit ou de la fiscalité.

